16 décembre 2008

Autrans Festival, Festi'trail

C'est ce que l'on appelle généralement un week end contrasté.
Nous arrivons en famille le vendredi soir, directement sur le village olympique pour le festival du film de montagne. Nous voyons d'abord un film sur Joé Garcia qui tente les 14 huit milles puis le film de l'UTMB avant lequel j'ai plaisir à discuter avec Mme Poletti. Les filles s'endorment nous ne verrons donc pas le film sur Patrick Berrault, c'est dommage. Nous intégrons une magnifique maison d'hotes coin cheminée tout est bio et fait maison, piscine intérieure sauna, le repos le vrai.




Le lendemain ça se gate, je suis inscrit au festi'trail 18km 500mD+ dans 20 cm à 40 cm de poudreuse. 38 inscrits, des habitués peu de nouilles dans mon genre. Le parcours est tout en faux plat, exactement ce qu'il ne me faut pas. Ca part fort, je m'accroche tantôt en dernière tantôt en avant dernière position. je souffre beaucoup, ne trouve jamais la bonne cadence, la musique qui habituellement me pousse, ici m'insupporte. Je me tords la cheville gauche sur une pierre que dissimulait la neige. Je n'arrive pas vraiement à envoyer du gros en descente, dérape dans les virages, c'est d'ailleurs assez drôle ça prendre des virages en glisse, j'avais essayé en voiture, en kart, en VTT, en bi-cross, en ski, en skate, en surf mais jamais en courant... ça le fait pas mal. Je suis très fatigué, très las... dans une des dernières montées je suis avant dernier, je recolle à une jeune femme devant moi, je suis dans ses roues, elle faiblit un instant je passe et à la bascule, je donne tout dans la descente. Après ça je m'accroche elle décroche sur la dernière et font la route ensemble, j'essaie d'accentuer mon avance, j'en chie grâve. La fin est un calvaire, je m'écroule limite malaise derrière la ligne relevé par mes kikous et Valérie, -10°C pour courir c'est quand même pas chaud, on me bichonne et ça passe, surtout à la Croziflette qui suivra.
C'est là que je perds la SaintéLyon, le truc qu'il ne fallait pas faire...
Après une bonne soirée en festival OFF "les bobines de l'extrème" et une bonne nuit on va tous se mettre au skating le lendemain. Un bon week-end en famille malgré une course foirée... foirée dans les sensations je sors quand ma meilleure vitesse/distance longue (7.62km/h) et un très bon %age par rapport au premier (152%).

7 décembre 2008

SaintéLyon : OUILLE !!!


La semaine dernière (le récit arrivera plus tard en images) un coup de semonce porté par un corps par trop sollicité m'avait alerté. Une grosse torsion de la cheville gauche vers l'intérieur jusqu'à la douleur aurait dû elle aussi m'alerter. Mais bon j'y serai quand même allé.

J'y suis donc allé. La SaintéLyon c'est en décembre, c'est dans la boue, c'est dans la nuit, c'est près de 70km, c'est usant (car trop roulant pour moi), c'est bon, c'est 9000 gars et filles dans une halle de Parc Expo grouillante et excitante comme j'aime. Parc Expo qui accueillait la semaine précédente autant de tête de bétail et donc un petit fumet tout Stéphanois flottait dans l'air. Des bénévoles partout, des services en veux-tu en voilà ? les sacs, les ravitos, les navettes, le repas vachement bon, les soins de kiné, d'osthéo, douches chaudes, un animateur de folie qui fait quand même 20h-12h non stop, la possibilité d'acheter tout ce qu'on a oublié chez les partenaires: Running Conseil, Booster, Nike (faut être con pour oublier ses pompes quand même !), fénioux (c'est pas Bocuse mais ça booste bien) et j'en oublie surement. Bref une orga impec. Je mettrai un tout petit bémol cependant, sur le suivi live imbittable, inopérant et totalement amateur, tu veux voir un bout de truc vidéo paie d'abord 5 euros après on voit éventuellement si on t'aperçoit sur une vidéo. Malgré cette presta de suivi chrono risible par rapport au trail des aiguilles rouges ou de l'UTMB, on voit tout de suite qu'on est sur une grande course rien n'est laissé au hasard, ici tu ne mourras pas seul dans la montagne, éventuellement écrasé par un relayeur pressé voir en prenant une petite séance d'électro-stim dans les clôtures électriques mais tu seras rappatrié impec. D'ailleurs pendant qu'on bullait dans des duvets en attendant le départ on faisait un le point sur les autres grandes courses, UTMB, marathon du mont blanc, Eco trail de Paris on se disait que partout le kilomètre était à un euro : ecotrail 80km 80 euros, marathon du Mont Blanc 42km 50 euros, CCC 98km 95 euros, UTMB 166km 145 euros. Et bien ici non ! le km est à 50 centimes. En gros la SainteLyon c'est 100% de plaisir à 50% du prix, les soldes avant l'heure, le père noël dans le Camel.

Le départ est magique, une foule énorme, ça part en ville pour un petit circuit bitume de 6km à peu près plat avant d'attaquer les côtes. J'avais comme stratégie de course :
- partir au milieu du peloton
- 6km de plat à 10km/h histoire de se chauffer
- La montée jusqu'à Moreau à la cool (km 22)
- Démarrage de la vraie course avec posage de mine dans chaque descente.
- A partir de Beaunant allure 10km 5'30 au kilo.

Malgré un manque total de sensation, une fatigue importante, un rhume, une forte douleur au tendon d'achille à droite, mon sésamoïde nécrosé qui se rappelle à moi à chaque pose du pied droit et une grosse douleur à l'avant pied gauche quasi à chaque foulée, j'étais pas trop mal à Moreau puisque je passe 6 minutes avant mon plan de marche (3h prévu). Je n'avais pas encore commencé à envoyer du gros, j'étais sur le mode promenade plus. J'ai voulu attaquer dans la descente (la spécialité du Bicshow quand même) et là ouille! aie! ouch! hi! ha! ho! grr! à chaque fois que je posais le pied gauche.
Je me suis rappelé que samedi j'avais fait une grosse torsion de la cheville jusqu'à la douleur. (voir plus haut) Et puis plus rien. Sauf que dans les petites descentes avant Moreau elle repartait cette foutue cheville mais pas plus que ça.

Alors, une lente agonie a commencé pour s'achever à Ste Catherine, pendant 2 ou 3 bornes j'ai réussi à tenir mon rang ne laissant passer que les relayeurs. Mais quelques minutes plus tard l'enfer a démarré et un flot de coureurs solo s'est déversé sur le râble du Bicshow. N'en pouvant mais je passe un coup de fil à Michel (l'organisateur) pour lui annoncer la triste nouvelle: j'abandone.

On m'a gentiment accueilli et soigné à Ste Catherine, retour en bus, douche, accueil de Cathy qui fait 2ème, pâtes et retour au lit. Je suis désolé j'aurais beaucoup voulu partager mon St Félicien à l'arrivée avec tous les kikous, mais ni le coeur ni le corps n'y était.

Mon premier abandon, il fallait bien que ça arrive un jour.

J'ai été digne de kikou en arrêtant de courir qu'une fois la porte de Ste Catherine franchie. Marcher dans une descente même blessé il y a quand même des limites à ne pas franchir...

3 décembre 2008